Croisière sur le canal du Midi (20 septembre 2025)
Rendez-vous est donné le samedi 20 septembre vers 8 h 45 au quai du Port Neuf à Béziers, pour une balade sur le canal du Midi, œuvre de Pierre-Paul Riquet.
Tous les participants sont à l’heure, sauf un équipage perpignanais, lequel guidé par GPC (Global Positioning Catalan), n’a jamais trouvé le point de rassemblement…
Accueillis par Christine la chef de bord, nous embarquons à 9 h 20 sur le « Vent du Sud » de la compagnie des Bateaux du Midi, avec le capitaine Sydney, le matelot Théo, sans oublier l’équipe de restauration. Café, jus de fruits et croissants sont proposés à tous.
Les amarres sont larguées depuis le Port Neuf qui a été inauguré en 1857. Depuis, le quai a été rénové et de nouveaux immeubles ont remplacé les anciens docks et entrepôts, redonnant ainsi un nouveau visage au port. L’écluse de l’Orb est franchie immédiatement. C’est une écluse dite « moderne », car elle est faite de béton armé et mesure 40 m le long et 5,20 m de large, permettant aux péniches de transporter 350 t de marchandises, contrairement aux écluses du canal du Midi qui ne font que 30 m de long et n’autorisent qu’un tonnage de 150 t. Cette écluse était autrefois une double écluse avec un dénivelé de 2 fois 3 mètres, mais depuis la découverte du béton armé, le sas aval a été renforcé et c’est désormais un des plus hauts dénivelés du canal du Midi, en un seul bassin, avec une chute de 6,14 m. Il faut environ 2000 m3 d’eau pour la remplir en 5 mn.
Nous sommes maintenant sur le pont-canal qui a été mis en service en 1858 et mesure 240 m de long et 13,5 m de large. Il passe à 12 m au dessus de l’Orb. Il permet aux bateaux d’éviter le passage sur le fleuve, puisqu’avant sa construction les mariniers devaient l’emprunter afin de rejoindre le canal du Midi environ 1 km plus loin.
Nous arrivons aux écluses de Fonseranes. Victoire ! Les Catalans sont arrivés et nous attendent fièrement au bord de l’eau. Le capitaine accoste et récupère les retardataires. On parle souvent des 9 écluses de Fonseranes, mais en fait il n’y a jamais eu qu’une échelle de 8 écluses et 9 jeux de portes. L’ouvrage a une longueur totale d’environ 300 m, pour un dénivelé, à l’origine, de 21,40 m.
Sur la gauche se trouve la pente d’eau construite dans les années 80 pour faire passer des péniches de gabarit plus important en 6 mn. Pour des raisons techniques liées à la complexité de la machinerie et à la sécurité de fonctionnement, elle n’a pratiquement jamais servi, contrairement à celle de Montech sur le canal latéral de la Garonne, qui a fonctionné de 1974 à 2009.
Après le passage des écluses, navigation sur le canal dans un calme olympien, qui ne va pas durer… En effet, à Colombiers nous embarquons un groupe d’Espagnols qui représente 3 fois notre effectif. Si vous ne le savez pas, un Espagnol ne parle pas, il hurle… Donc, avant leur montée à bord, apéritif pour les volontaires, afin de prendre des forces.
Nous arrivons au tunnel de Malpas, premier tunnel fluvial au monde. La colline d’Ensérune est largement composée de tuf, une roche sablonneuse et calcaire. Colbert, qui s’était laissé convaincre par les détracteurs de Riquet qu’il était impossible de faire passer un canal dans un tunnel creusé dans une roche aussi friable, envoya des messagers depuis Paris pour ordonner à Riquet de modifier le trajet afin de rejoindre la fleuve Aude vers Narbonne. Riquet l’apprit et tenait absolument que le canal passât par sa ville natale de Béziers. Disposant de peu de temps pendant l’hiver 1679-1680, il mit 1000 hommes de chaque côté de la colline d’Ensérune et le tunnel fut creusé en 6 jours et 6 nuits à la pelle, pioche, barre à mine, ainsi qu’une bonne quantité de poudre. Lorsque les commissaires royaux arrivèrent, ils furent mis devant le fait accompli en découvrant à la lueur des chandelles le tunnel d’une longueur de 170 m, 7 m de large et 8 m de haut, dimensions considérables pour l’époque, offrant un passage canalisé de 6 m.
Suite à son décès, les héritiers de Riquet durent renforcer sur près de 130 m le tunnel qui menaçait de s’effondrer en son centre. On peut encore voir le tunnel tel qu’il a été creusé sur une cinquantaine de mètres où l’on voit le tuf complètement érodé par le vent.
Le bateau fait demi-tour et amarre pendant une demi-heure avant de repartir vers Béziers. Il est midi trente, l’heure des braves de passer à table pour déguster un cappuccino de moules servi avec un cake tiède au chorizo doux, une rouille de calamar façon sétoise, très léger aïoli servi séparément, un assortiment de fromages et un bavarois au chocolat, le tout accompagné de vin à volonté et d’un café. Ce menu délicieux aurait été plus apprécié avec un peu de calme…
16 h, débarquement à Béziers, après avoir dégusté une bonne citronnade, et direction Fonseranes pour visiter extérieurement les écluses. À 17 h, rendez-vous au cinéma immersif. Grâce au procédé de scénographie, nous sommes plongés à la fin du XVIIe siècle au cœur du chantier titanesque de la construction du canal du Midi et des écluses de Fonseranes par son maitre d'œuvre biterrois Pierre-Paul Riquet.
Vers 18 h, tous les participants rejoignent ravis leurs pénates en se donnant rendez-vous en septembre 2026 à Toulouse pour une sortie aéronautique (simulateurs, Airbus, etc.). Merci à Hubert pour cette proposition de sortie.
Pascal HAMES







